A mort la mort (Roman), Frederic Kessler, éditions Thierry Magnier

Extrait N°1:

« Prologue:

Il était une fois, il y a très longtemps, dans
un pays qui n’existe plus aujourd’hui, un garçon
qui s’appelait Léopold. Il vivait dans un petit
village perdu et perché tout en haut de la plus
haute montagne du pays. Dans ce village, pour
chaque personne qui poussait son dernier soupir,
il y avait, non loin de là, un bébé qui poussait
un cri de surprise en découvrant le vaste monde.

à mort la mort de Frederic Kessler

Chapitre I: À quoi ça sert la mort ?

Ce matin, les habitants du village se sont réunis
devant la maison de mes grands-parents.
Tout de noir vêtus, ils attendent pour mener
grand-père à sa dernière demeure. Un roulement
de tambour retentit :
– Oyez braves gens, famille et amis du défunt,
la déclaration officielle et solennelle du décès
de Léon Sinécure fils de Louis et Madeleine
Sinécure. Moi, Albert Nuizzard croque-mort
de mon état, affirme sur l’honneur avoir mordu
le gros orteil du susnommé sans constater la
moindre réaction. En conséquence et par les
pouvoirs qui me sont conférés, je déclare que
Monsieur Léon Sinécure est passé de vie à trépas.
À cet instant, grand-mère, papa et maman sortent
de la maison ainsi que les quatre volontaires
qui portent le cercueil de mon aïeul. Tout le monde
s’écarte pour les laisser passer, puis les entoure.
Les hommes ouvrent leurs larges parapluies noirs, pour
former au-dessus de la famille en deuil
un toit protecteur… »

Ectrait N°2:

« le roulement de tambour
de la sage-femme municipale retentit :
– Oyez, oyez braves gens ! Veuillez vous rendre séance
tenante devant la maison de Grégoire et Albertine pour
fêter un heureux événement. Nous sortons du cimetière
et nous filons à la maison des jeunes mariés. Lorsque
nous arrivons, tous les villageois sont déjà là.
Cette fois, les mines sont réjouies. Le roulement de
tambour de la sage-femme municipale retentit à nouveau :
– Oyez, oyez braves gens, famille et amis des jeunes
parents, la déclaration de naissance du premier enfant
de Grégoire et Albertine Maubert. Moi Joséphine Nuizzard,
sage-femme de mon état, après avoir coupé le cordon
ombilical, j’ai constaté la vivacité de l’enfant.
En conséquence et par les pouvoirs qui me sont conférés,
je déclare officiellement que les susnommés viennent de
mettre au monde un beau bébé de six livres.
À ces mots, Grégoire et Albertine sortent de leur maison
en poussant à quatre mains le landau de leur premier-né.
Tout le monde s’écarte pour les laisser passer,
puis les entoure. Les femmes du village ouvrent leurs
grandes ombrelles blanches comme pour former au-dessus
des jeunes parents et de l’enfant, un toit protecteur… »

Frederic Kessler auteur jeunesse aux éditions Thierry Magnier

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