La fée Tralala (Roman), Frederic Kessler, éditions Thierry Magnier

Être fils ou fille de fée, c’est pas marrant tous les jours. Bien sur, il y a la magie mais on peut quand même pas faire tout ce qu’on veut, car il y a des limites et des règles : strictement interdit de grimper au derniers étages de l’immeuble. (Frederic Kessler auteur jeunesse aux éditions Thierry Magnier.)

Extrait:
– Y en a marre de marre, fait Géraldine en traînant son cartable à roulettes sur le trottoir qui mène de l’école à notre immeuble.
– Ben qu’est-ce qui se passe? je demande.
Ma meilleure copine s’arrête, fouille la poche de son pantalon, en sort une Barbie-shopping et dit:
– C’est la vingt-septième de la journée, y en a marre de marre.
– Bah quoi t’es une fille, c’est normal, je réponds en m’asseyant sur un banc.
– Olivier, commence pas à m’énerver,je te rappelle que je joue plus aux Barbie depuis deux ans.
Pour les gosses de fées prépubères, comme Géraldine ou moi, il n’y a que la poche du pantalon qui est magique. Les vrais pouvoirs arrivent plus tard, en même temps que les poils et le reste. En ce moment, ma poche est pleine de tout ce qu’il faut pour démonter, dévisser, déboulonner, ouvrir, creuser, défoncer, déchiqueter, détruire et décapsuler: du couteau suisse à la tractopelle, en passant par le marteau-pilon. Elle s’assoit à côté de moi, Puis demande:
– Au fait, aujourd’hui, t’as sorti quoi de ta poche?
– Une tronçonneuse.
– Une tronçonneuse… répète Géraldine en soupirant. Ça, c’est la classe. Le seul avantage des Barbie, ajoute-t-elle, c’est que je peux les revendre
aux gourdes de cp. À raison de 1 euro pièce, rien qu’aujourd’hui je me suis fait 26 euros.

La fée tralala de Frederic Kessler auteur jeunesse
Puis elle re-soupire:
– Y en a marre de marre, ça peut plus continuer comme ça, faut que ça change.
Elle se renfrogne, sort sept Barbie qu’elle jette négligemment dans le caniveau, enfonce les mains au fond de ses poches, rentre la tête dans les épaules, fronce les sourcils et ferme les yeux, pour se concentrer et trouver une idée. Puis elle sort la tête des épaules, rouvre les yeux, sourit et dit:
– On a soif d’aventure, il faut étancher cette soif-là et je parie tout ce que tu veux qu’un jour, ma poche donnera des trucs terribles. Puis elle se lève d’un coup et déclare:
– Demain c’est mercredi, on explore la mansarde du sixième étage.

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